L' EBRU la tradition du geste

Un mot, une phrase, mis bout à bout, attiserons t- ils votre curiosité ? Voilà ce qu'il m'est arrivé, voici maintenant plus de douze ans.

''Smyrna.

Un passage rapide d'un pas pressé sous un soleil fâcheux dans une étroite ruelle de la vielle ville. Une petite affiche suspendu au crochet d'une porte laide poussa mon regard dans un nuage de couleurs. Ce fut une rencontre merveilleuse, du bout de mes doigts je découvris mon âme, fait de mille traits.

C'est ainsi que je m'épris d'une folie au pied de mes ancêtres. ''

Aujourd'hui.

Chaque fois que je pousse la porte de l'atelier, je remercie ma patience car sans elle jamais je n'aurai pu faire vivre ma passion. Corps et âme nous sommes en accord !

De ce fait, je continue mes recherches d'harmonies de lumières, de traits et de vagues. Le va et vient quotidien rythme le mouvement de ma main. Goutte à goutte se dessine ma pensée sur la surface de l'eau. Je suis mon reflet ! Je me libère du tracas et me plonge dans l'acceptation. La cuve est le seul maitre de l'instant ! Parfois je vois venir une œuvre d'exception, parfois rien ne se fige sur la feuille. Les cailloutés me font découvrir comment rester de marbre, je m'ébahis devant les plumes de paons tel un enfant. Parfois je me perds entre les motifs et c'est à ce moment précis que je me dis, il y a tant à faire.

La chance m'avait souri cet été deux mille six. Et Aujourd'hui je continue à sourire de pouvoir exercer cet art dit Ebru-nuage en persan-, qui nous vient de si loin, qui a su resté mystérieux, un peu magique et même mystique. C'est un immense plaisir que me procurent les livres restaurés, décorés avec mon grain de folie. Ils sont dans une bibliothèque, soigneusement rangés, peut-être dans un désordre comme jamais vu !

Un jour un homme ouvrira un de ces livres et je serai présente dans la grande discrétion !

Oud et performance d'Erbu : Silsila, luths dans les nuages

Lors de ses pérégrinations de musicien, Marc Loopuyt rencontre un jour l'univers inouï de l'Ebru, la « peinture à la cuve », aux confins de la Mer Égée en Turquie. Issu de Byzance puis connu à Venise et plus tard à Versailles, l'Ebru est l'art ottoman de la peinture sur l'eau qui produit le papier marbré. Art mineur caché sous les reliures dorées de cuir poussiéreux pour les uns, il fut considéré comme un art majeur par d'autres, nourrissant l'inspiration d'artisans et artistes européens comme Bernard Palissy. Les secrets de fabrication en partie perdus à la suite la révolution des Jeunes Turcs dans les années 19 20 furent redécouverts par quelques maîtres à partir des années 50. Zeynep Uysal y trouva sa vocation, relayant celles de la valeureuse génération des redécouvreurs. Avec Marc Loopuyt, ils se rencontrent un jour en Turquie pour découvrir... qu'ils résident tous deux en France ! Ils décident alors de combiner leurs univers en un foisonnant spectacle où mélismes colorés et arabesques musicales s'entrelacent dans le temps et l'espace lumineux.

Dans cette performance en temps réel, l'improvisation musicale à partir de pièces ottomanes et d'autres répertoires traditionnels le disputent à la composition architecturée de l'Ebru. Les élaborations de la peinture sur l'eau sont projetées sur écran ce qui permet des interactions menées tour à tour par l'œil ou par l'oreille. L'art de Zeynep Uysal se combine ainsi au duo Silsila formé par Marc et Thomas Loopuyt qui dialoguent tantôt à deux ouds, tantôt avec d'autres duos formés avec le tar (luth du Caucase), les percussions, et peut-être d'autres encore... en restant toujours dans un univers des arts traditionnels combinant la rigueur des règles de base avec la plus grande liberté de création dans l'instant.

couleurs et lumiéres...

     Voici l'occasion de partager cette technique différemment par le biais d'un contraste lumineux et d'une projection sur divers supports tel que façade , écran, une toile .....

 Les projection de peinture à la surface de l'eau , L'Ebru , permet de créer des voluptes en mouvement très fortes : poétiques, fantastiques, abstraites, violentes, sensuelles...
La projection se transforme et entre en interaction avec le spectacle qui se déroule sur scène, qu'il s'agisse de danse, de musique ou autre.
La plupart du temps, ces motifs sont exécutés avec des stilets , des peignes. Ce contact direct avec la matière donne une impression plastique et mouvante, la matière semble vivante.
- Toutes sortes d'utilisations des images sont possibles pour ces dessins en direct, montages d'images fixes (photos) et/ou séquences de dessin animé :
La performance d'Ebru en direct créée pour un événement particulier, une soirée... Création d'un spectacle sur un thème, une musique...
Utilisation en fond pour des décors, mouvants ou fixes
projection sous forme d'illustration pour un concert (classique, rock, pop, punk, électronique...)
dialogue avec le spectacle (danse, concert, contes...)
séquences animées qui sont projetées seules, comme « intermèdes » entre des scènes
d'Ebru en direct qui est en lui-même une partie du spectacle